« Les enfants sont répugnants ! Ils puent ! Ils empestent ! Ils sentent le caca de chien ! Rien que d’y penser j’ai envie de vomir ! Il faut les écrabouiller ! Les pulvériser ! Écoutez le plan que j’ai élaboré pour nettoyer l’Angleterre de toute cette vermine… » (Gallimard jeunesse, 2020)
En 1983, Roald Dahl, génialissime auteur anglais de romans jeunesse drôles et fantastiques, publiait « Sacrées sorcières » (titre original : « The Witches », illustré par Quentin Blake) : l’histoire d’un petit garçon orphelin et de sa grand-mère (leurs noms ne sont jamais révélés) qui à l’occasion de vacances dans un hôtel de Bournemouth, rencontrent des sorcières se rendant à leur congrès annuel en présence de leur chef, la grandissime sorcière… Le jeune héros fera équipe avec sa grand-mère pour tenter de déjouer leurs plans machiavéliques.
35 ans plus tard, les ayants-droits de Roald Dahl émettent le souhait d’une adaptation en bande-dessinée de son œuvre pour la première fois. Ce projet est proposé à Pénélope Bagieu, scénariste à succès de bandes-dessinées (« Les Culottées », « California dreamin’ », « Joséphine »…) et c’est elle qui portera son choix sur « Sacrées sorcières », roman de l’auteur qui l’a beaucoup marquée étant enfant.
« Sacrées sorcières » de Roald Dahl est un conte noir et fantastique sur la peur, le courage, les liens familiaux… Les personnages sont hauts-en-couleur et nous embarquent dans une aventure courte mais intense où l’amour et la persévérance ont raison de la haine et de la méchanceté. Pour autant, l’histoire et les personnages ne sont pas dénués du sens des réalités comme le prouvent les conversations échangées entre le héros et sa grand-mère.
Pénélope Bagieu a réussi à conserver l’essence du travail de Roald Dahl tout en mettant cette histoire au goût du jour et en y ajoutant sa patte féministe et décalée (un personnage présent dans le roman de Roald Dahl sous la forme d’un petit garçon glouton et antipathique est remplacé par une petite fille futée qui va être d’une grande aide au héros). Les émotions des personnages sont parfaitement retranscrites, certaines scènes sont à se plier de rire comme d’autres nous glacent le sang (la grandissime sorcière de Bagieu est encore plus effrayante que celle de Quentin Blake !). Pour le personnage de la grand-mère, Pénélope Bagieu s’est inspirée de la sienne (excentrique et affectueuse), tout comme Roald Dahl s’était inspiré de sa propre grand-mère.
La sortie de cette adaptation en ce début d’année est pour nous l’occasion de découvrir ou redécouvrir le roman de l’auteur en même temps que la bande-dessinée de Pénélope Bagieu et ce dès 10 ans. Pour en savoir plus sur leur travail, vous pouvez visiter le site internet de Roald Dahl et la page Instagram de Pénélope Bagieu.
En complément, vous trouverez ci-dessous les livres de ces deux auteurs à retrouver dans vos bibliothèques de Versailles.
Romans et nouvelles de Roald Dahl :
Bandes-dessinées et romans graphiques de Pénélope Bagieu :
Pénélope Bagieu lit un extrait de « Sacrées sorcières » pour vous aider à les repérer :
